Durabilité environnementale

La crise climatique

L’impact du réchauffement planétaire a déjà été observé sur les écosystèmes naturels et humains. Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de 2018 a révélé que les activités humaines auraient déjà causé un réchauffement planétaire d’environ 1,0 °C au cours des 100 dernières années. Si le taux actuel d’élévation de la température se poursuit, le réchauffement planétaire atteindra probablement plus de 1,5 °C entre 2030 et 2052, ce qui causera des dommages dévastateurs et irréversibles à nos structures socio-économiques et à l’environnement naturel, y compris une poussée en intensité et en fréquence des phénomènes climatiques et météorologiques extrêmes (ibid.). Le changement climatique a des répercussions différentes sur les populations, touchant davantage les groupes marginalisés et vulnérables. 

À la lumière de la crise climatique et de son impact, nous disposons aujourd’hui d’accords mondiaux pour limiter les gaz à effet de serre (GES), et par conséquent, le réchauffement planétaire à 1,5 °C. L’accord de Paris de 2015 a forgé l’action collective de 197 pays en vue de limiter les émissions de GES d’ici 2030, et a établi un cadre de déclaration et de financement. Les objectifs de développement durable adoptés par les Nations Unies abordent directement l’action climatique dans l’objectif n° 13, mais la viabilité environnementale constitue une condition préalable à la réalisation de chacun des 17 objectifs. Les citoyens du monde entier exigent que l’action climatique devienne un domaine prioritaire dans le mandat de leur gouvernement. 

Nous faisons des progrès, mais nous devons agir plus rapidement.

L’impact de la crise climatique

Réduction de la disponibilité alimentaire prévue

Incidence négative de la hausse des températures sur le bétail

Propagation accrue des maladies

Disponibilité des ressources en eau

Risques pour les moyens de subsistance et la croissance économique

Inégalités exacerbées entre les sexes


Innover et accélérer l’action climatique

En tant qu’innovateurs, nous pouvons nous adapter plus rapidement à des pratiques écologiquement durables qui contribueront à des changements culturels et économiques plus vastes. Les effets de la pandémie de COVID-19 illustrent à quel point nous pouvons réagir rapidement et de façon coopérative à une crise d’une manière unie et mondiale. Profitons de cet élan pour nous attaquer à la crise climatique.

Il est possible de réduire les risques liés au climat en intensifiant et en accélérant « l’atténuation du changement climatique à grande échelle, à plusieurs niveaux et sur le plan sectoriel » grâce à des approches graduelles et transformationnelles. Les innovateurs du monde entier travaillent sur ce défi mondial. 

Les innovations axées sur des adaptations qui réduisent les vulnérabilités aux systèmes humains et naturels peuvent agir en synergie avec le développement durable, permettant ainsi d’accroître la sécurité alimentaire et hydrique, de réduire les risques de catastrophes, d’améliorer la santé et le bien-être, de maintenir les services écosystémiques, et de combattre la pauvreté et les inégalités.


L’indice du risque climatique mondial élaboré par Germanwatch signale jusqu’à quel point les pays ont déjà été touchés par des phénomènes météorologiques extrêmes. Cet indice peut être utilisé pour évaluer la vulnérabilité actuelle à ces phénomènes à l’endroit même où vous testez, vous aidant à mieux préparer votre plan d’essai pour les risques et à réduire la vulnérabilité à ces derniers.

Durabilité environnementale dans un environnement d’essai

 

Le FIT s’est engagé à respecter le Programme de développement durable à l’horizon 2030 du Canada et la stratégie fédérale de développement durable qui vise à éradiquer la pauvreté et à consolider la paix par l’équilibre du développement social, économique et environnemental durable. Les objectifs de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD) ont été élaborés en conformité avec les objectifs de développement durable des Nations Unies et soulignent la nécessité de diversifier les voix qui contribuent à la conception et à la mise en œuvre de solutions de développement. Les innovations financées par la SFDD doivent tenir compte d’un large éventail de partenaires et de contributeurs, notamment les femmes, les populations marginalisées, les jeunes, la société civile, les peuples autochtones, les organisations multilatérales et internationales, le secteur privé, les fondations, les gouvernements à tous les niveaux et les autres parties prenantes concernées.

Qu’est-ce que la durabilité environnementale ?

La durabilité environnementale est la capacité à répondre aux besoins du présent sans compromettre les besoins des générations futures.

Les solutions novatrices peuvent créer de nombreuses opportunités et avantages, mais elles peuvent aussi créer des défis et poser de nouveaux risques environnementaux tels que la pollution (air, bruit, terre, eau, déchets), la dégradation des sols et les effets négatifs sur la flore et la faune. En outre, les solutions novatrices peuvent avoir des effets négatifs sur les structures socio-économiques, notamment sur les rôles et les responsabilités des hommes et des femmes en matière d’environnement, ce qui peut exacerber les barrières et/ou les inégalités existantes.

Les innovateurs financés par le FIT évalueront et suivront leur intervention dans une optique de durabilité environnementale et de genre, en veillant à l’intégration d’une approche « ne pas nuire », à l’atténuation des risques et à la capitalisation des opportunités environnementales.

L’approche « ne pas nuire »

L’approche « ne pas nuire » garantit que les activités de conception et d’essai des innovations évitent d’exposer les parties prenantes et les bénéficiaires, y compris les plus marginalisés, et notamment les femmes et les filles, à un risque supplémentaire ou à des effets sociaux, économiques et environnementaux négatifs potentiels.

Une approche « ne pas nuire » comprend les éléments suivants ;

  1. L’intervention est basée sur les besoins identifiés par les bénéficiaires et les parties prenantes auxquelles elle est destinée.
  2. La voix des bénéficiaires et la relation avec eux, y compris les plus marginalisés et en particulier les femmes et les filles, sont respectées.
  3. Les effets sociaux, économiques et environnementaux négatifs potentiels des interventions sont compris à travers une lentille intersectionnelle et tiennent compte des diverses identités que les personnes possèdent et de la manière dont ces identités créent des obstacles ou des opportunités.

Intégration de l’environnement dans les essais d’innovation

Dans le cadre du processus de demande de proposition du FIT, le FIT a intégré le Processus d’intégration environnementale (PIE) d’Affaires mondiale Canada pour évaluer les risques environnementaux associés à chaque solution novatrice proposée et pour déterminer si une évaluation environnementale intégrée et le plan de gestion environnementale qui en découle seraient nécessaires.

L’évaluation environnementale intégrée sert à évaluer l’impact de vos activités et de vos résultats sur l’environnement naturel et social et sert à élaborer un plan de gestion environnementale (PGE). Un PGE met en évidence toute politique, exigence légale et administrative du Canada ou du pays hôte, identifie les effets environnementaux négatifs ou positifs potentiels des activités et des résultats de l’innovation, propose des mesures pour atténuer les effets négatifs sur l’environnement et attribue les responsabilités au sein de l’équipe. Une évaluation environnementale intégrée doit être réalisée dans le cadre de votre base de référence, en collaboration avec la communauté locale et dans une optique de genre.

En tenant compte des effets environnementaux et des mesures d’atténuation dès le début du processus d’essai, une évaluation environnementale intégrée peut contribuer à une meilleure prise de décision et apporter de nombreux avantages, tels que :

  • La prévention ou la diminution des effets négatifs sur l’environnement.
  • Des possibilités de participation diversifiée des parties prenantes et des bénéficiaires.
  • Une protection accrue de la santé humaine et animale.
  • La réduction des coûts et des délais des essais.
  • La diminution de la probabilité d’effets environnementaux transfrontaliers.
  • Des décisions éclairées qui contribuent à un développement responsable des ressources naturelles.

Considérations environnementales

Adopter une vision socio-économique et environnementale intersectionnelle plus large vous permet d’identifier l’impact complet de vos activités de mise à l’essai et de leurs résultats. Vous trouverez ci-dessous quelques considérations environnementales et sociales à prendre en compte lors de la conception et de l’expérimentation de votre solution innovante.

Impact sur l’environnement
  • Quelle est l’écologie de la localité dans laquelle vous testez l’innovation ?
  • Quel sera l’impact des activités de mise à l’essai sur l’environnement naturel ?
  • Quel est l’impact positif ou négatif sur les communautés ou les environnements naturels avoisinants ?
  • La localité subit-elle une perte de biodiversité ?
  • Vos activités ou vos résultats contribuent-ils à la perte, à l’augmentation ou au maintien de la biodiversité ?
Atténuation du changement climatique et adaptation
  • Comment le changement climatique affecte-t-il la localité (sur le plan environnemental et social) ?
  • Quels types de mesures d’atténuation et d’adaptation sont déjà mis en œuvre ?
  • Y a-t-il des possibilités d’intégrer les résultats de l’adaptation au changement climatique ou de l’atténuation de ses effets dans la conception ou les résultats de vos essais ?
  • Votre projet a-t-il pris en compte sa propre empreinte carbone ?
Impact social
  • Quelle est la relation que les femmes, les hommes, les garçons et les filles entretiennent avec l’environnement naturel ?
  • Quelle est la relation des groupes marginalisés avec l’environnement ?
  • Quelles sont les dynamiques de pouvoir entre les femmes et les hommes en ce qui concerne la gestion de l’environnement naturel ?
  • Quel est l’impact des activités ou des résultats des tests sur les générations futures ?
Valeur de la vie
Tout être vivant mérite une vie sans torture ni traitement cruel. L’utilisation d’animaux à des fins économiques doit respecter ces valeurs.

  • Les activités ou les résultats de l’innovation ont-ils un impact sur le taux de survie du bétail ?
  • Quelles sont les exigences en matière de soins pour la vie du bétail ?
  • Les bénéficiaires disposent-ils de suffisamment de nourriture, d’eau et d’espace pour le bétail ?
  • À moyen et long terme, les risques sont-ils liés au changement climatique et à la capacité des personnes à prendre soin du bétail ?
  • Y a-t-il des exigences en matière de gestion de l’hygiène ?

 

Cliquez sur le document pour accéder au guide.

 

Innover et accélérer l’action climatique

Principe de la 7e génération

Trouvant son origine chez les Haudenosaunee (Iroquois), le principe de la 7e génération est une philosophie selon laquelle toutes les décisions se comprennent par leur impact à long terme – soit sept générations à venir.

Parmi les visions du monde des Autochtones, mentionnons le concept de la responsabilité collective quant à l’utilisation de la terre, la compréhension de l’interconnectivité et de l’interdépendance de toute forme de vie, et la prise en compte des cycles de croissance, de reproduction et de régénération dans toute décision. L’interruption de ces cycles et modèles peut avoir des effets dévastateurs sur l’environnement naturel, et avoir des répercussions sur le bien-être des générations futures. Concevoir la possibilité d’une qualité de vie équitable sur sept générations à venir peut changer la façon dont nous interagissons avec notre environnement humain et naturel.  Le FIT s’aligne sur le principe de la 7e génération et demande aux innovateurs de tenir compte de l’impact général (générationnel et en aval) de leur test d’innovation.

L’impact du changement climatique n’a pas les mêmes répercussions selon les sexes. En raison des rôles imposés par la société et du manque d’accès aux connaissances de base, aux ressources et aux droits, les femmes et les filles sont touchées de façon disproportionnée par les phénomènes extrêmes associés au changement climatique, tels que les sécheresses et les inondations. En même temps, les femmes jouent un rôle crucial dans les solutions à apporter aux changements climatiques, mais elles ne participent pas pleinement aux processus décisionnels. L’autonomisation des femmes sera indispensable pour lutter contre le changement climatique.

La Politique d’aide internationale féministe du Canada, qui vise l’autonomisation des femmes et des filles ainsi que l’égalité des sexes, souligne le rôle important que jouent celles-ci sur le plan de l’action climatique. Dans les pays en développement, elles dépendent de l’environnement pour le combustible, l’eau, la nourriture et le logement, et sont essentielles pour garantir la durabilité de l’environnement. Cependant, en raison des disparités entre les sexes, les femmes et les filles ont souvent moins de pouvoir décisionnel en ce qui concerne la gestion et l’utilisation des écosystèmes et des ressources naturelles. Cela est dû à divers facteurs, y compris des différences dans les domaines de la propriété, des connaissances, des droits et des usages. Il y a trois façons pour les innovateurs de veiller à ce que les voix des femmes se fassent entendre dans les actions novatrices en matière de climat4 :

  1. Comprendre les barrières environnementales et les défis auxquels les femmes et les filles sont confrontées en effectuant une évaluation rapide du genre lors de la phase de conception. Pour en savoir plus, consultez le Guide du FIT pour l’analyse rapide des questions liées au genre dans le cadre d’une innovation sociale.   
  • Soutenir les contributions des femmes à la prise de décisions et au leadership dans l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques ainsi que dans la viabilité de l’environnement. Les innovateurs devraient faire participer activement les femmes à la conception et à la mise en œuvre de leur test d’innovation. Pour en savoir plus, consultez la page Innovation inclusive du FIT.
  • Soutenir les possibilités de subsistance des femmes dans le secteur des énergies renouvelables. En fait, dans les pays en développement, les femmes ont la responsabilité première de l’énergie domestique, ce qui permet de leur donner un rôle central en matière de réduction des émissions mondiales de carbone.

Le développement durable contrebalance le bien-être social, l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, la prospérité économique et la protection de l’environnement. Voici quelques domaines d’intérêt où les innovateurs peuvent devenir des acteurs de l’action climatique :

  • Politique
    • Des politiques qui favorisent la diversification de l’économie et du secteur de l’énergie.
    • Des politiques de redistribution entre les secteurs et les populations qui protègent les groupes vulnérables et l’environnement.
    • Des outils politiques qui permettent de mobiliser des ressources supplémentaires, des investissements, des économies, des acteurs commerciaux et non commerciaux, ainsi que des mesures d’accompagnement pour garantir l’équité de la transition vers une économie zéro émission.
    • Des politiques nationales d’innovation et des approches de coopération internationale qui contribuent au développement, à la commercialisation et à l’adoption généralisée de technologies d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.
  • Financement climatique
    • Aider les groupes les plus pauvres et marginalisés à faire face aux pertes et aux dommages liés à des phénomènes climatiques extrêmes soudains ou prolongés.
    • Orienter le financement vers l’investissement dans des infrastructures conçues pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.
  • Technologie
    • Adoption généralisée de technologies et de pratiques nouvelles et possiblement déstabilisantes, et valorisation des innovations axées sur le climat.
    • Renforcement des capacités d’innovation technologique, y compris dans les secteurs de l’industrie et des finances.
  • Restauration et protection de la nature
    • Comprend la protection ou la restauration des terres, de l’eau, des forêts, des systèmes d’approvisionnement en eau, de la biodiversité, de l’habitat animal, etc.
  • Formation et renforcement des capacités
    • La formation et l’information, de même que les approches communautaires, y compris celles issues des connaissances autochtones et locales, qui accélèrent les changements de comportement à grande échelle en s’adaptant au réchauffement planétaire et en le limitant à 1,5 oC.
    • Des stratégies d’acceptabilité publique qui permettent ou empêchent la mise en œuvre de politiques et de mesures visant à limiter le réchauffement planétaire à 1,5 oC et à s’adapter aux conséquences.
    • Renforcer les capacités d’action climatique des autorités nationales et infranationales, de la société civile, du secteur privé, des peuples autochtones et des communautés locales qui soutiennent la mise en œuvre des actions ambitieuses qu’implique la limitation du réchauffement planétaire à 1,5 oC.
  • Justice sociale et égalité
    • Établir la justice sociale et l’égalité pour garantir que les options, les visions et les valeurs sont débattues, entre et au sein des pays et des communautés, sans aggraver la situation des personnes pauvres et défavorisées.
  • Coopération intersectorielle et internationale
    • Des partenariats associant des acteurs publics et privés non étatiques, des investisseurs institutionnels, le système bancaire, la société civile et des institutions scientifiques, qui facilitent des actions et des réponses cohérentes avec la limitation du réchauffement planétaire à 1,5 oC.
    • La coopération pour le renforcement de la gouvernance à plusieurs niveaux qui comprend des acteurs non étatiques, comme l’industrie, la société civile et les institutions scientifiques, la coopération pour la coordination des politiques sectorielles et intersectorielles à divers niveaux de gouvernance, des politiques tenant compte de l’égalité entre les sexes, du financement (y compris dans le domaine de l’innovation), et la coopération en matière de développement et de transfert de technologies qui garantit la participation, la transparence, le renforcement des capacités et l’apprentissage entre les différents acteurs.
    • La coopération internationale en tant que catalyseur pour les pays en développement et les régions vulnérables, et ce, afin de renforcer leur action pour la mise en œuvre de réponses climatiques cohérentes avec la limitation du réchauffement global à 1,5 oC, notamment en améliorant l’accès au financement et à la technologie et en renforçant les capacités nationales, tout en tenant compte des circonstances et des besoins nationaux et locaux.

Adapté du rapport 2020 du GIEC


Pour en savoir plus :

« Regardez profondément dans la nature, et alors vous comprendrez tout beaucoup mieux. »

Albert Einstein